Accepter son diagnostic 🧩

main recouverte de peinture multicolore

Si tu lis cet article, c’est probablement parce que tu as reçu un diagnostic et que tu n’arrives pas (encore) à l’accepter. Recevoir un diagnostic, c’est un peu comme découvrir que tu es un·e sorcier·e dans un monde de Moldus : ça peut chambouler ton univers ! Qu’il s’agisse d’un diagnostic de TDAH, d’autisme, de troubles dys, d’un diagnostic de maladie chronique ou de toute autre condition avec laquelle on t’a informé·e que tu allais devoir vivre quelques temps ou toute ta vie, tu es au bon endroit alors : bienvenue ! 🤗

Dans cet article, je te propose d’explorer ce vaste sujet qu’est l’acceptation de ton diagnostic. Je vais partager avec toi des clés issues de mon expérience personnelle et professionnelle. Mais avant de commencer, sache que –spoiler alert – l’acceptation ne se fait pas en un claquement de doigts. C’est plutôt un chemin sinueux, parfois étonnant, parfois compliqué, mais toujours enrichissant. Alors installe-toi confortablement et garde l’esprit ouvert !

Au programme : on évoquera les blocages qui peuvent survenir et les surprises qui peuvent t’attendre, bonnes comme mauvaises, pour que tu puisses aborder ce voyage en y étant préparé·le mieux possible. Prêt·e à embarquer dans cette aventure ? C’est parti !

Accepter son diagnostic ou se battre ? ⚔️

bifurcation entre deux chemins

Accepter son diagnostic, une drôle d’idée ? 🤷‍♂️

Accepter son diagnostic, cela peut sembler être une idée bizarre ! « Si j’accepte, je me résigne à aller mal toute ma vie. » « Accepter signifie ne rien faire » « Est-ce que je ne devrais pas plutôt me battre pour aller mieux/guérir/m’en sortir ? » « Si j’accepte, rien ne pourra changer ! » Ces idées ont la vie dure ! Si tu as déjà lu mon article sur l’acceptation, tu connais mon point de vue : accepter, ce n’est pas se résigner, bien au contraire ! Accepter, c’est reconnaître la réalité des faits, reconnaître que l’on en est là ou l’on en est, et à partir de là, être capable de commencer à avancer. Accepter permet d’agir avec sagesse plutôt que de nager à contre-courant. En fait, choisir d’accepter, c’est un peu comme choisir d’être le héros plutôt que le méchant de sa propre histoire. Accepter, c’est arrêter de s’infliger des souffrances inutiles.

L’exemple du TDAH, version fight 🥊

Prenons l’exemple du TDAH. Si tu reçois un diagnostic de TDAH et que tu n’acceptes pas ce diagnostic, tu vas chercher à te battre contre le TDAH. Le TDAH devient alors ton ennemi, et tu es prêt·e à tout pour t’en débarrasser (ou en tout cas, pour l’amoindrir). Tu focalises ton attention sur tout ce qui te dérange, ce qui a un double effet délétère.

L’effet du biais de confirmation

Premièrement, le biais de confirmation te fait exagérer les effets négatifs du TDAH sur ta vie, et ta résistance face à ce que tu vis s’intensifie. Tu peux même t’identifier à certains de tes personnages intérieurs (notamment celui de ll’individualisteet celui de l’anxieux). Sous l’emprise de ces personnages, il est fort probable que tu te racontes de nombreuses histoires négatives sur ce que tu vis et sur toi-même (par exemple : « Pourquoi moi ? » ou « Je ne m’en sortirai jamais »), ce qui peut dégrader fortement ta santé mentale, physique, et même tes relations.

L’effet du biais de négativité

Deuxièmement, le biais de négativité t’empêche de voir tous les aspects positifs de la situation. Ainsi, tu peux passer à côté de certaines particularités de ton fonctionnement qui t’apportent du positif dans ta vie. Par exemple, tu as peut-être un cerveau particulièrement créatif. Tu risques également de manquer les qualités exceptionnelles que tu as développées pendant toutes ces années pour t’adapter à ton fonctionnement, les belles rencontres que tu as faites parce que ton TDAH a impacté ta trajectoire de vie d’une certaine façon, etc. Bref, les cadeaux cachés.

Au lieu de ça, il est fort probable que tu dépenses une partie de ton temps et de ton énergie à chercher avec un sentiment d’urgence des solutions pour « guérir le TDAH », et/ou à te juger et à culpabiliser d’être comme ça, parce qu’au fond, tu crois que c’est peut-être quand-même un peu de ta faute/tu n’as peut-être pas assez essayé de changer. Et d’ailleurs, ton entourage est d’accord avec ça : tu devrais faire plus d’efforts. Le TDAH, c’est toi. L’ennemi, c’est toi. Le problème, c’est toi. Et ça, c’est la porte ouverte à la haine de soi.

Si tu te reconnais là-dedans, pas de panique ! C’est comme cela qu’un être humain a tendance à réagir en premier lieu, et ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est d’en prendre conscience pour pouvoir choisir une trajectoire plus aimante envers toi-même !

L’exemple du TDAH : une autre voie est possible 🃏

Maintenant, imaginons que tu embrasses pleinement ton diagnostic. Tu acceptes pleinement ton fonctionnement, et tu comprends enfin que tu n’y es pour rien, que tu es juste comme ça. Tu vas tout d’abord te sentir soulagé·e d’un grand poids, celui du doute, de la culpabilité, de la honte. Non, tu n’es pas coupable d’être différent·e. Tu n’as rien à te reprocher. Tu as le droit d’être comme tu es. Il n’y a rien à réparer chez toi. Et une vague de légèreté envahit ta vie ! 🎵

Depuis cet espace joyeux et serein, tu vas pouvoir trouver sur ta route, avec fluidité et détachement, des aides, des pistes d’aménagement, des ressources auxquelles tu n’avais pas encore pensé, pour adapter ta vie à ton TDAH. Le TDAH n’est plus vécu comme un poids qui t’accable, ni comme un problème à résoudre, mais comme l’une des cartes de ton jeu, parmi d’autres cartes. Un jeu qui est parfait pour jouer à la vie telle qu’elle se présente à toi. Plutôt que de te battre contre le vent, tu apprends à naviguer dans la tempête.

Et la guérison dans tout ça ? 🩺

Le TDAH est un exemple « facile », car ce n’est pas une maladie. Par conséquent, on ne peut parler de « guérison » à son sujet. Alors parlons des maladies chroniques, complexes, parfois graves ou au minimum invalidantes, dont l’issue est parfois plus incertaine. Ici, l’acceptation peut sembler encore plus délicate. « Si j’accepte d’avoir un cancer, ça veut dire que je suis fataliste et que je refuse les traitements ? » « Si j’accepte d’avoir une SEP, est-ce que je ne réduis pas mes chances de vivre des épisodes de rémission ? » « Et si j’accepte mon syndrome des jambes dans repos, qu’est-ce qui va me motiver à consulter des thérapeutes pour prévenir son aggravation ? »

En réalité, l’acceptation d’une condition ne s’oppose pas à l’idée de guérison, ni à l’espoir d’une amélioration, bien au contraire. C’est en reconnaissant pleinement la réalité de la situation, en acceptant les difficultés et les symptômes tels qu’ils se présentent ici et maintenant, que l’on peut agir de manière juste pour prendre soin de sa santé.

En résumé, lorsque l’on se bat contre son diagnostic, on tend à s’enfermer dans une quête pressante de la guérison, stressante, parfois obsessionnelle, souvent délétère. A l’inverse, accepter un diagnostic, c’est se donner la chance de mieux comprendre son corps, la liberté d’explorer paisiblement les options qui se présentent et la possibilité de prendre des décisions adaptées.

Maintenant que tu as compris l’intérêt de l’acceptation vs. la lutte, tu es prêt·e pour l’étape suivante 👏 : prendre conscience de ce qui peut bloquer le processus d’acceptation.

Ce qui bloque l’acceptation du diagnostic 🚧

Accepter son diagnostic peut parfois ressembler à une chasse aux fantômes 👻: il y a des obstacles invisibles qui te hantent et t’empêchent de progresser. Allons les débusquer ensemble !

Les obstacles fréquents ❌

Ici, je vais te parler des obstacles que je rencontre souvent en séance. Dans mon travail d’accompagnement en psycho-énergétique, nous dénichons ensemble les mémoires inscrites dans tes cellules, qui correspondent à des conflits internes logés dans ton inconscient, à l’origine des perturbations dans ton expérience de vie actuelle. En explorant ces aspects, nous te libérons de ces charges qui t’empêchent d’avancer sereinement sur ton chemin.

Voici donc les principaux obstacles que je rencontre dans le processus d’acceptation (liste non exhaustive) :

Le refus d’incarnation

Chez certaines personnes, le refus du diagnostic est intimement lié au refus même d’être incarnées sur cette Terre. Parfois parce qu’elles ne se sentent pas à leur place dans ce monde, parfois parce qu’elles ont l’impression d’être ici sans l’avoir choisi, comme « prisonnières » de leur incarnation. Ce sentiment de décalage ou de non-appartenance à notre monde humain et terrestre peut renforcer le rejet de tout ce qui les ramène à leur condition humaine, y compris un diagnostic qui, à leurs yeux, vient valider une réalité corporelle et terrestre qu’elles peinent à accepter. Refuser le diagnostic devient ainsi une manière de nier son incarnation, une tentative de fuir les contraintes physiques et émotionnelles qui leur semblent imposées par cette vie.

La question du sens

Pour d’autres, accepter le diagnostic est difficile parce qu’il ne correspond à aucune logique personnelle ou ne s’intègre pas dans leur vision du monde. Ce diagnostic, qu’il soit anticipé ou soudain, bouleverse leur trajectoire de vie d’une manière qui semble dénuée de sens. Ils peuvent percevoir cette nouvelle réalité comme un coup du sort incompréhensible, une absurdité qui échappe à toute explication logique. Ce sentiment d’absurdité peut être aggravé par une incapacité à relier cette expérience à leur parcours de vie ou à leur système de croyances, laissant place à un sentiment de confusion et de frustration. Pour ces personnes, le diagnostic ne s’aligne pas avec ce qu’elles imaginent être la « suite logique » de leur existence. Cette incohérence perçue peut même remettre en question leur confiance en l’univers, en la vie, ou en leur propre compréhension du monde, rendant le processus d’acceptation particulièrement difficile.

Les croyances limitantes

Les croyances limitantes constituent un obstacle majeur à l’acceptation d’un diagnostic. Nos croyances, profondément ancrées dans l’inconscient, agissent comme des filtres qui conditionnent notre perception et notre interprétation de la réalité. Elles sont majoritairement héritées de notre éducation, de notre culture et de nos expériences personnelles. En séance, je rencontre souvent des croyances limitantes sur soi-même ou sur la santé en général. Par exemple, certaines personnes croient qu’elles ne sont pas capables de faire face à leur diagnostic, ou se voient comme un objet cassé qu’il faut réparer. D’autres peuvent penser que leur condition est irréversible, associer leurs troubles à de la faiblesse, ou encore à une punition divine.

Les mémoires traumatiques

Les traumatismes passés peuvent jouer un rôle important dans la difficulté à accepter un diagnostic. Une personne ayant vécu des expériences traumatiques tend à développer des mécanismes de protection comme le déni ou l’évitement face à toute nouvelle source potentielle de douleur ou de vulnérabilité. Un diagnostic peut alors réactiver ces blessures anciennes, réveillant des sentiments de perte de contrôle, d’impuissance ou de peur. Pour ces personnes, accepter un diagnostic peut sembler aussi violent que de revivre le traumatisme initial.

De plus, certains traumatismes, en particulier ceux liés à la santé (maladie grave dans le passé chez soi ou chez un.e proche, interventions médicales douloureuses, violences médicales …), peuvent créer une méfiance à l’égard des institutions médicales ou de tout ce qui touche à la maladie. Ce bagage traumatique rend donc le processus d’acceptation d’autant plus complexe qu’il exige non seulement de faire face au présent, mais aussi de rencontrer et – dans l’idéal – de libérer les blessures du passé.

La honte et la culpabilité d’être différent·e

Les êtres qui se perçoivent comme différents, que ce soit en raison d’une condition médicale, d’un handicap et/ou d’une neuroatypie, peuvent vivre de la stigmatisation, du rejet et de l’isolement en raison de leur différence. Le diagnostic, loin de leur offrir un cadre de compréhension, peut renforcer le sentiment de marginalisation et décalage par rapport au reste du monde.

De plus, il est fréquent d’internaliser les préjugés sociétaux, au détriment de sa relation avec soi-même. En effet, dans un monde qui valorise l’homogénéité et la conformité, se percevoir différent·e peut créer de la honte, comme si sa condition était une source de défaillance ou d’échec.

La culpabilité peut également s’installer, surtout lorsque l’individu a l’impression de ne pas répondre aux attentes extérieures (y compris les attentes des proches) ou d’être un poids pour ses proches en raison de ses particularités ou besoins.

Ainsi, accepter son diagnostic implique souvent de se réconcilier avec cette différence, d’apprendre à la valoriser et à comprendre qu’elle ne définit pas la totalité de son identité.

Le sentiment de dépendance

En séance, je constate que le sentiment de dépendance est aussi un obstacle fréquent rencontré sur le chemin de l’acceptation du diagnostic chez les personnes pour qui ce dernier s’accompagne d’une perte d’autonomie. Le besoin de recourir à des aides techniques ou humaines pour les tâches quotidiennes peut être vécu comme une catastrophe.

Cette prise de conscience génère un sentiment d’inadéquation où dépendre des autres devient synonyme de faiblesse et de perte de contrôle. Cela peut susciter des émotions complexes, telles que la frustration et la tristesse, alimentées par la peur du jugement social. Demander et accepter de l’aide n’est évident pour personne et un travail préalable est souvent nécessaire pour mieux vivre la situation.

L’anxiété liée à l’incertitude face à l’avenir

L’anxiété face à l’avenir est une réaction fréquente chez ceux qui reçoivent un diagnostic. Dans mon expérience, cette difficulté s’avère le plus souvent liée à un manque de prévisibilité. Si l’on choisit de croire fermement en la guérison, en se battant avec détermination, on peut se projeter dans futur libéré de son trouble ou de sa maladie. À l’inverse, se résigner conduit à se projeter dans un avenir où notre condition reste inchangée, ou se dégrade à une certaine vitesse. Ces deux hypothèses peuvent réduire l’anxiété, mais nous avons vu qu’elles n’étaient pas favorables à l’équilibre sur le long terme.

Ce que je suggère dans cet article -accepter ce que l’on vit aujourd’hui- soulève une question délicate : qu’en est-il de notre futur ? Cette incertitude peut engendrer un état d’anxiété, nourri par la peur de l’inconnu, qui bloque le processus d’acceptation.

Le sentiment d’injustice

Chez de nombreuses personnes nouvellement diagnostiquées, un sentiment d’injustice émerge souvent à la suite de comparaisons, que ce soit avec les autres ou avec une version idéalisée de soi dans le futur. Cette lutte interne peut s’exprimer par des pensées telles que : « Pourquoi moi ? » et par des émotions et sentiments de colère, de ressentiment et de frustration, qui rendent l’acceptation temporairement inconcevable. Ce sentiment d’injustice peut également mener à un déni de la réalité, où l’on refuse de reconnaître les défis auxquels on est confronté, en espérant qu’ils disparaîtront d’eux-mêmes.

Une fois libéré, ce sentiment d’injustice se transforme souvent en une grande force créatrice qui permet d’avancer vers une vie épanouissante qui intègre notre condition.

La peur du jugement et le syndrome de l’imposteur

La peur du jugement est fréquente suite à un diagnostic, si bien que pour échapper à la stigmatisation ou à la critique, certains individus en viennent à minimiser ou à nier leur diagnostic, adoptant ainsi un camouflage qui les protège temporairement. Cependant, cette stratégie les empêche de s’accepter tels qu’ils sont, de reconnaître et de faire reconnaître leurs besoins. En restant focalisés sur l’approbation des autres et en dissimulant ce qu’ils vivent, ils s’épuisent et amplifient leur sentiment d’imposture et de dissonance intérieure.

En effet, à force de masquer sa différence, de faire comme si on était dans la norme, on peut en venir à se demander si on est vraiment légitime, et si finalement, on n’est pas simplement un imposteur. Ce « syndrome de l’imposteur » vient intensifier la douleur émotionnelle, créant un cercle vicieux qui complique l’acceptation de sa condition.

Les deuils nécessaires

Accepter un diagnostic nécessite souvent de faire des deuils : le deuil d’une certaine image de soi (capable de tout faire, plein·e d’énergie, travailleur·euse, fort·e, autonome, etc.), mais aussi le deuil de certains rêves et aspirations qui ne sont plus réalistes. Parfois, il peut s’agir de choses simples qui nous paraissaient évidentes jusque-là : avoir un travail, élever des enfants, conduire une voiture… D’autres fois, il peut s’agir de projets plus ambitieux : faire le tour du monde, restaurer un corps de ferme, devenir pilote de ligne… Cette prise de conscience peut générer une résistance, car l’idée que « si j’accepte cette situation, je vais devoir renoncer à ma vie telle que je l’imagine » peut être dévastatrice.

Par exemple, face à une maladie chronique, il devient essentiel de gérer son énergie avec rigueur, en planifiant chaque activité avec soin. Cela peut impliquer de renoncer à des projets coûteux en énergie ou d’accepter que certaines ambitions ne soient plus réalisables pour le moment. Cette transition peut être douloureuse, et il est normal de ressentir de la colère ou de la tristesse face à ce qui ressemble à des sacrifices. Reconnaître ces deuils comme tels est un pas crucial vers l’acceptation, car cela permet de réévaluer ses priorités et d’ouvrir la porte à de nouvelles possibilités, même si elles sont différentes de ce que l’on avait initialement envisagé.

Un autre regard sur les obstacles 🔎

Cette liste n’est bien-sûr pas exhaustive, mais elle te donne une idée des obstacles qui peuvent bloquer ton propre processus d’acceptation. Si tu t’es reconnu.e dans plusieurs items, ne t’inquiète pas : ces obstacles ne sont pas des échecs, mais ils font partie du chemin. La prise de conscience que tu viens d’avoir est la première étape pour surmonter ces défis !

Donne-toi l’espace nécessaire pour ressentir tout cela, même ce qui est désagréable. L’acceptation commence par l’acceptation de tes émotions, telles qu’elles se présentent, ici et maintenant. Et n’oublie pas que des millions de personnes vivent ce que tu vis actuellement : tu n’es pas seul·e ! Cherche du soutien, que ce soit à travers des groupes de parole, des séances d’accompagnement, des dispositifs d’entraide … Partager ce que tes expériences avec d’autres peut faire une énooooorme différence !

Avant de poursuivre ta lecture, je te suggère de prendre une petite pause, là, tout de suite, et d’observer ce que tu ressens, sans aucun jugement. Est-tu en mesure d’identifier quelques unes de tes sensations physiques ?

Remercie-toi de t’être offert ce moment de connexion avec toi-même 💚

Maintenant, pour t’aider à avancer dans ce processus, je vais te partager mes connaissances et observations pour t’éclairer sur ce qui t’attends. On y va !

Accepter son diagnostic : panorama du processus 🛤️

Les étapes les plus courantes 👣

schéma acceptation diagnostic : choc, blocage, détresse, distanciation, adaptation

L’image ci-dessous provient du site formation-craif.org (centre de ressources autisme île de france).

Ici, je vais illustrer les différentes étapes en prenant l’exemple concret de mon diagnostic de TDAH. Petite précision : les étapes mentionnées peuvent être vécues dans le désordre (il peut aussi y a voir des aller-retour entre certaines d’entre elles).

Le choc, la rupture

Lorsque j’ai commencé mes études post-bac, j’ai réalisé que les difficultés que j’avais toujours eues devenaient ingérables. J’ai fait de nombreuses recherches et j’ai fini par découvrir une page web qui détaillait les caractéristiques communes des personnes ayant un TDAH. Je me suis tout de suite reconnu dans cette description, dans les moindres détails en fait ! Et cela a été un véritable choc de réaliser après toutes ces années qu’il y avait peut-être une explication à mon sentiment de décalage. Le choc venait du fait que ça expliquait tellement de choses dont je m’étais toujours cru responsable. Des choses que j’avais essayées de changer en vain ! C’était presque trop beau pour être vrai.

Le blocage, le déni, l’incrédulité

Justement, c’était trop beau, et le syndrome de l’imposteur est arrivé très rapidement. J’étais quand-même en première année d’études, j’avais eu mon bac avec mention, je ne pouvais pas avoir un TDAH. Je n’ai osé en parler à personne et j’ai fini par me convaincre que je m’étais simplement trompé. Finalement, j’ai même oublié totalement ma prise de conscience pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que la réflexion d’un ami me mette la puce à l’oreille.

La détresse, la désorganisation

J’ai alors entrepris les démarches nécessaires et j’ai reçu le diagnostic de TDAH (en 2017). Du soulagement que j’anticipais, je suis rapidement passé à la détresse. Ok j’avais raison, ok je comprends mieux mon passé, mais maintenant, comment vivre avec ça ? Je me sens tellement nul, tellement handicapé. Et si c’était de ma faute ? Comment vivre dans ce monde ? Je n’y arriverai jamais ! Je ne veux pas vivre comme ça ! Que faire ? Tout un cortège d’émotions très désagréables, et un burn-out dans la foulée !

La distanciation, l’apaisement

Après un gros travail intérieur, me voilà plus apaisé. Je ne suis pas encore totalement en paix avec mon TDAH, mais j’y pense nettement moins et je vais beaucoup mieux. Je fais face à la réalité de façon pragmatique et beaucoup moins réactive.

L’adaptation, la réorganisation, la réappropriation

J’ai intégré le TDAH comme faisant partie de ma vie et j’adapte ma vie quotidienne et mes projets à mes particularités. Mes plans ont changé et je l’accepte. Je prends soin de moi. Je pense à mon avenir avec beaucoup moins d’anxiété. Le sentiment d’injustice se fait rare dans mon paysage émotionnel. Je découvre de nouvelles ressources.

La nécessité de communiquer et de s’entraider

Voilà, j’ai suffisamment accepté mon diagnostic pour te faire profiter de mon chemin (je dirais à 80% en moyenne (cf. suite de cet article), ce qui n’est pas mal au bout de 7 ans de rebondissements que je t’épargnerai ici). Aujourd’hui, je parle de mon vécu, je partage mon expérience, je transmets mes observations, par exemple en écrivant cet article de blog en pensant à un ami A. qui a du mal à accepter son diag tout frais !😎

Un processus non linéaire 📈

Tomber fait partie du chemin

Accepter son diagnostic, c’est un peu comme emprunter un chemin de montagne : il y a des montées abruptes et des descentes inattendues. Ce parcours vers l’acceptation n’est pas linéaire, et il est tout à fait normal de rencontrer des hauts et des bas. Les rechutes, les moments de doute et même les pas en arrière sont des étapes naturelles de ce voyage.

Au départ, l’acceptation est intellectuelle. Tu acceptes la réalité de manière mentale, rationnelle, en constatant qu’elle est ce qu’elle est. Cela te permet de faire quelques pas sur ton chemin. Puis, des événements extérieurs ou intérieurs se produisent, qui viennent te faire réagir. Et tu tombes.

Je te demande de lire la phase suivante avec toute l’attention possible. Tomber est normal et nécessaire : l’essentiel, c’est d’apprendre à te relever.

En fait, à chaque fois que tu réagis, tu prends conscience des résistances qui existent à l’intérieur de toi. Et c’est là que le vrai travail intérieur se dévoile : accepter de regarder ces espaces de lutte, les embrasser, afin qu’il puissent se transformer par eux-mêmes.

Sur ton chemin vers l’acceptation, tu passes alors du mental au cœur : à mesure que tu prends conscience de ces résistances et que, sans les rejeter, tu les laisses se dissoudre dans ton être, l’acceptation devient de plus en plus profonde et incarnée.

Se relever d’une chute

Prenons le cas de D., qui vit avec une maladie chronique.

Les fluctuations des symptômes peuvent être un vrai casse-tête. Certains jours, elle se réveille avec une énergie débordante, ouverte à toutes les expériences que la vie lui propose, et le lendemain, elle se sent épuisée comme si tu avais couru un marathon, et douloureuse. Ces variations peuvent rendre l’acceptation particulièrement difficile.

Le 2e jour, il peut être tentant pour elle de sombrer dans le doute sur sa valeur et le découragement. C’est justement là qu’est le vrai chemin : si ce matin-là, D. s’autorise pleinement à ressentir ce qui vit en elle, inconditionnellement, ces espaces de résistance pourront se dissoudre, ce jour-là ou un autre jour, et laisser place à la paix intérieure.

Peut-être que D. y parviendra ce jour en question, mais que la semaine suivante, confrontée à cette même chute d’énergie, elle aura le sentiment d’échouer dans le processus. Là encore, la clé est toujours la même : accueillir ce qui vit en elle. S’il s’agit de résistance face à ses émotions du moment, cette résistance a elle-même besoin d’être accueillie à bras ouverts.

Est-ce que tu commences à comprendre la logique du travail intérieur ? Toutes nos expériences, toutes nos réactions, toutes nos émotions ont besoin d’être acceptées. Quand on fait une chute sur le trottoir, il ne nous viendrait pas à l’esprit de refuser la réalité (je suis actuellement au sol) et de rester là, inerte. C’est la même chose ici : c’est en acceptant la réalité de notre vécu que l’on est en mesure de faire les gestes nécessaires pour se remettre en mouvement.

Le poids du jugement

Tu le constateras rapidement : la majorité de ta souffrance intérieure est liée de près ou de loin à des pensées de jugement. Ce jugement peut te concerner toi-même (« je devrais/je ne devrais pas »/ »je suis comme ci ou comme ça »), ou concerner ta situation, la vie elle-même, ou d’autres personnes.

Concentrons-nous sur le jugement que tu portes sur toi-même. Dans les moments difficiles, ces pensées peuvent te pousser à te séparer de toi-même, à te considérer comme l’ennemi et t’empêcher de prendre soin de toi, voire te conduire à te faire du mal. C’est pourquoi je t’invite à t’autoriser, ici et maintenant, à voir tout au long du processus tes pensées de jugement pour ce qu’elles sont : de simples pensées qui n’ont aucun fondement. Ainsi, à chaque fois que tu seras en difficulté, tu pourras plus facilement rester connecté.e à toi et prendre soin de toi, sans céder à la tentation de te juger et de te séparer de toi-même. En nourrissant cette intention, tu vivras les « chutes » comme des opportunités de muscler ta relation avec toi-même.

A ce stade, tu comprends mieux pourquoi l’acceptation du diagnostic est un processus. Alors, donne-toi le droit d’y aller à ton rythme, sans te comparer aux autres, ni à ton moi du passé. Peut-être qu’un jour tu jugeras ton niveau d’acceptation à 40%, et le lendemain à 10%, et c’est ok : sur le long terme, tu verras que le chemin se fait en toi !

Accepter son diagnostic, un chemin intérieur 🌱

Accepter son diagnostic est avant tout un chemin intérieur. Ce parcours exige de se plonger en soi-même et d’explorer des ressources profondes telles que la foi, l’amour de soi et la compréhension de ses propres limites. Cette introspection est essentielle pour avancer vers l’acceptation, car elle t’invite à te poser une question existentielle : qui es-tu vraiment, au-delà de ce diagnostic ?

Accoucher de soi-même

Prenons l’exemple de l’autisme. L’un des défis majeurs pour beaucoup de personnes neurodivergentes est de réaliser que leur différence n’est pas un défaut, mais une richesse. Apprendre à s’aimer suppose de se libérer des stéréotypes et des attentes sociétales qui peuvent peser lourd sur tes épaules. Faire la différence entre ce qui t’appartient et ce qui ne t’appartient pas, découvrir qui tu es au-delà de tes conditionnements, reconnaître tes besoins, apprendre à les exprimer et à poser tes limites : tout cela nécessite une reconnexion à soi et le développement d’une grande confiance en tes ressentis. Le processus d’acceptation du diagnostic peut ainsi être une porte vers un processus encore plus vaste : celui de l’acceptation de soi, tel que tu es, avec tes particularités.

Se réconcilier avec soi-même

Pour les personnes qui perdent tout ou partie de leurs capacités et de leur autonomie, se reconnecter avec soi-même peut sembler un défi monumental. Si tu es concerné·e, tu sais certainement que la perception même que tu as de ton identité et de ta valeur peut en être très affectée. Cependant, il est possible de trouver un sens dans ces nouvelles limites. Il s’agit d’explorer ce que tu peux encore accomplir et comment ces expériences enrichissent ta vie. Il s’agit également de t’autoriser à te respecter et à prendre soin de toi en prenant compte ces nouvelles limites, et à adapter ta vie en conséquence. Chaque pas vers cette réconciliation intérieure, chaque mise à jour de ta perception de toi-même, chaque geste d’amour envers toi-même, est un pas vers l’acceptation.

Retrouver la foi

Pour certains individus, la perte de sens vécue suite au diagnostic conduit à effectuer un travail profond autour de la confiance en la vie. En effet, le choc peut être tel que la foi est mise à rude épreuve. Peu à peu, à mesure que la personne avance dans son processus d’acceptation, un nouveau regard sur la vie se construit peu à peu, porteur d’une philosophie de vie qui nourrit infuse ensuite sa force dans tous les aspects du quotidien.

S’éveiller à sa vraie nature

Quelle que soit ta condition, le processus d’acceptation du diagnostic peut être vécu comme un chemin initiatique si tu saisis l’opportunité de te dépouiller. En te libérant de tes pensées conditionnées, de tes nœuds émotionnels, de l’identification à ton enveloppe physique, ce chemin te mènera inévitablement à prendre conscience de qui tu es en essence : pure conscience, pure sagesse, pure paix, pure compassion.

Conclusion : l’acceptation, une nouvelle manière de vivre 💫

Accepter son diagnostic est donc un voyage unique, souvent sinueux, et d’une grande richesse. Ce parcours, bien que non linéaire, offre l’opportunité de grandir et de créer les conditions intérieures d’une vie sereine, joyeuse et épanouie. J’espère que cet article t’aura donné des clés pour initier ou poursuivre sereinement ton chemin d’acceptation.

Si tu en ressens l’élan, sache que je suis là pour t’aider dans cette démarche. Grâce à un un accompagnement centré sur la compréhension de ton fonctionnement et l’adaptation de ta vie à tes particularités et/ou à la transformation de ta vie intérieure, je t’aiderai à naviguer à travers les défis qui se présentent à toi. Ensemble, nous travaillerons à transformer ce parcours en une véritable renaissance. N’hésite pas à me contacter si tu as besoin de soutien dans ce voyage.

Avec Amour ❤

Sam

Pour aller plus loin

Brach, T. (2003). L’acceptation radicale.

Association francophone de femmes autistes. (2018). La délicate période de l’après-diagnostic.

Sites web dédiés aux maladies chroniques : Vivre avec mon cancer ; Vivre avec mon diabète ; Vivre avec ma maladie respiratoire ; Vivre avec mon Alzheimer ; Vivre avec mon Parkinson ; Vivre avec ma maladie cardio-vasculaire ; Vivre avec ma SEP ; Vivre avec mon obésité

De Ridder, D., Geenen, R., Kuijer, R., & van Middendorp, H. (2008, July 19). Psychological adjustment to chronic disease. (en anglais)

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