Anxiété, TDAH et autisme : reconnais-tu ces 5 visages de l’anxiété ? 🌀

Dans cet article, on va parler de l’anxiété dans le TDAH et l’autisme. Si tu es une personne autiste et/ou TDAH, tu connais sans doute ces ruminations qui tournent en boucle, cette peur de mal faire ou cette tension qui monte au fil de la journée. Mais toutes ces formes d’anxiété ne se ressemblent pas, et elles ne se gèrent pas de la même manière.

Pour t’aider à y voir plus clair, je vais te raconter une journée dans la peau d’une personne neuroatypique anxieuse. Cette journée est fictive, mais elle est inspirée de ma propre expérience : j’ai rassemblé plusieurs situations vécues pour la rendre la plus parlante possible. Au fil de cette journée, tu vas découvrir les 5 visages de l’anxiété que j’ai identifiés chez moi et chez les personnes que j’accompagne.

Mon invitation : observe ce qui fait écho à ton propre vécu. Mieux cerner ton anxiété, c’est la première étape pour trouver des stratégies adaptées à tes besoins.

Cet article est la version écrite et simplifiée du podcast suivant :

https://youtu.be/-U9mv-LdD7w?si=08Zae_9OWqRxt2zh

Anxiété et neuroatypie : une journée pour mieux comprendre 📅

Pour planter le décor : à l’époque, j’étais salarié intérimaire et je préparais en parallèle des concours administratifs. Une vie bien remplie, donc, avec beaucoup d’occasions de s’inquiéter …

Petite parenthèse avant de commencer : si ton anxiété est envahissante au point de t’empêcher de fonctionner au quotidien, parles-en à ton médecin traitant.

1. L’indécision chronique : quand chaque choix devient une épreuve 🔀

Le matin : ruminer avant même de se lever ⏰

Au réveil, encore dans mon lit, je pense déjà à mon planning de révisions et à la journée de travail qui m’attend. Les ruminations anxieuses démarrent : et si je n’avais pas le temps de tout faire ? Et si je n’arrivais pas à savoir par quoi commencer ? J’ai peur de rester bloqué dans mes pensées, comme ça m’est déjà arrivé si souvent. Et en même temps, je dois me dépêcher : dans une heure, je dois être au travail.

Quelques minutes plus tard, pendant que je me prépare, une collègue me propose un afterwork. Si je dis oui, je risque d’être trop fatigué ce week-end pour avancer sur mes révisions. Si je dis non, mes collègues vont peut-être penser que je ne veux pas faire partie du groupe. Et si je dis oui mais que je suis trop épuisé pour y aller, comment sera perçue une annulation de dernière minute ? Je rumine sans fin avant de répondre.

Au travail, mon chef me laisse choisir entre deux dossiers. Et si je faisais le mauvais choix ? Je vais devoir traiter ce dossier pendant des semaines, peut-être le regretter pendant des mois … Je tourne en boucle sur les conséquences catastrophiques d’une simple décision. Finalement, j’ai trop attendu : c’est un collègue qui choisit à ma place.

Pourquoi l’indécision est amplifiée dans l’autisme et le TDAH 🤔

L’indécision chronique n’est pas propre au vécu neuroatypique, mais elle peut être amplifiée :

  • dans l’autisme, par l’intolérance à l’incertitude ;
  • dans le TDAH, par la dysrégulation émotionnelle ;
  • dans l’AuDHD, par les deux à la fois.

Elle te pousse à hésiter, à ruminer et à rester paralysé·e devant un choix à faire. Sur le moment, elle t’empêche d’y voir clair.

Les conséquences de l’indécision chronique ⚠️

  • Un quotidien entravé : elle peut devenir envahissante au point de t’empêcher de mener tes tâches quotidiennes.
  • Une perte de pouvoir sur ta vie : tu laisses les autres ou les circonstances décider à ta place. Tu peux te sentir coupé·e de toi et de ta propre sagesse.
  • Des regrets : tu peux être déçu·e par tes choix ou avoir le sentiment d’avoir fait les mauvais.
  • Une estime de soi fragilisée : la honte s’installe, et tu perds peu à peu confiance en toi.

2. Le perfectionnisme et l’anxiété de performance 📏

La matinée : des mails relus encore et encore 📧

Je commence à répondre à mes mails. Je relis chacun d’eux plusieurs fois tellement j’ai peur de faire une erreur : oublier la pièce jointe, me tromper de destinataire … Ça m’est déjà arrivé pas mal de fois. Et quand ça arrive malgré tous mes efforts, je me juge très sévèrement.

Puis j’apprends que je dois présenter un projet à un client lors d’une réunion le lendemain. Les ruminations anticipatoires démarrent : et si mon travail n’était pas parfait ? Et si on découvrait que je ne suis pas à la hauteur ? Je pense à tout ce qui pourrait clocher, à toutes les erreurs que j’aurais pu faire.

Qu’est-ce que l’anxiété de performance ? 🤔

L’anxiété de performance se nourrit de la peur de ne pas être « assez », de faire des erreurs, de décevoir et d’être rejeté·e parce que tu ne serais pas à la hauteur. Elle te pousse à te mettre beaucoup de pression et à avoir des attentes très élevées envers toi-même, et parfois envers les autres.

Les conséquences du perfectionnisme ⚠️

  • Un jugement sévère dès que tu ne réponds pas à tes propres standards.
  • La perte de tes moyens dans les situations où tu dois performer, surtout face à un groupe.
  • La procrastination : tu ne te sens jamais assez préparé·e pour te lancer … alors tu ne te lances pas. À l’inverse, le perfectionnisme peut aussi t’entraîner dans une fuite en avant.
  • Une insatisfaction chronique : tu n’es jamais satisfait·e de ce que tu es, de ce que tu fais, de là où tu en es. Tu veux toujours être plus ceci, plus cela. C’est un énorme facteur de stress.
  • Un sentiment d’échec qui alimente la honte et fragilise, lui aussi, l’estime ddestie soi.

3. L’anxiété sociale chez les personnes autistes et TDAH 👀

Le début d’après-midi : la peur du regard des autres ☕

Je reçois l’email un peu corsé d’un client. Si je ne réponds pas exactement ce qu’il faut, la personne risque de mal le prendre. Je pourrais déclencher un conflit, elle pourrait me trouver impoli … Je laisse donc cet email en attente pendant des jours. J’imagine tous les scénarios de réponse possibles et toutes leurs conséquences : sur la relation avec le client, sur mes collègues, sur mon administration.

Puis je repense à la fameuse réunion du lendemain. Et si je ne gérais pas la situation et que je donnais une mauvaise image de moi ? J’anticipe le regard et le jugement des autres en boucle.

Et comme la journée est pleine de surprises, je découvre une énorme tache de café sur mon t-shirt. Je n’ai rien pour la cacher. J’ai peur qu’on la remarque, qu’on me trouve maladroit et pas professionnel. J’ai peur de perdre toute ma crédibilité au travail à cause d’une tache.

Qu’est-ce que l’anxiété sociale ? 🤔

L’anxiété sociale se nourrit directement de la peur du jugement et du rejet. Elle peut te conduire à l’évitement et à la procrastination : tu ne te sens jamais suffisamment en sécurité pour te lancer, et tu anticipes en permanence les réactions des autres pour éviter la critique.

Anxiété et masquage : le piège du camouflage 🥸

Le perfectionnisme et l’anxiété sociale peuvent te pousser à masquer ta neuroatypie. Pour te protéger du rejet ou du jugement, tu camoufles tout ce qui sort de la norme … au prix de beaucoup d’énergie.

4. La fausse anxiété : quand la surcharge ressemble à de l’anxiété 🔋

Le milieu d’après-midi : plus de bande passante 🪫

On est en milieu d’après-midi et je commence à saturer sur le plan sensoriel, social et cognitif. Je n’ai presque plus de bande passante. C’est la surcharge.

Surcharge ou anxiété : comment faire la différence ? 🎭

Sur le plan physiologique, ce que j’appelle la « fausse anxiété » ressemble beaucoup à l’anxiété au sens classique : tensions musculaires, gorge nouée, sensation d’oppression, transpiration plus abondante …

Pourtant, ce visage est très différent des autres. Il est purement neurobiologique, alors que les autres formes d’anxiété ont une dimension beaucoup plus psychologique. Ce que tu ressens est simplement la conséquence d’un excès de stimulation, d’un excès de déclencheurs : ton cerveau a dû traiter plus d’informations qu’il ne le pouvait, et il sature.

Le critère qui fait la différence : quand la surcharge retombe, les manifestations qui ressemblaient à de l’anxiété disparaissent.

Pour aller plus loin sur les causes de cette surcharge : Épuisement TSA/TDAH : identifie tes déclencheurs de surcharge

Quand la surcharge nourrit les ruminations anxieuses 🔁

La surcharge peut favoriser les ruminations anxieuses. Souvent, elles portent sur la surcharge elle-même et sur ta capacité à tenir le coup dans les heures ou les jours qui viennent :

  • « Si je reste dans cet état, comment je vais faire pour rentrer chez moi ? »
  • « Et si je n’ai plus assez d’énergie pour finir la semaine et que je m’effondre ? »
  • « Et s’il y a tellement de monde et de bruit sur le trajet que je fais une crise en public ? »

Bien sûr, ces ruminations peuvent aussi porter sur n’importe quel autre sujet.

Pourquoi c’est si important de ne pas confondre surcharge et anxiété ⚠️

J’insiste, parce que c’est fondamental : avec la fausse anxiété, on est dans la neurobiologie, pas dans la psychologie. On peut très vite confondre les manifestations de la surcharge avec des manifestations psychologiques, alors qu’elles ne se gèrent pas du tout de la même manière.

Si tu n’en prends pas conscience, tu ne mettras pas en place les adaptations dont tu as besoin. Tu risques alors de t’épuiser, d’enchaîner les crises, voire les burnouts. Tu peux aussi passer des années en thérapie pour arrêter de ruminer … alors que le vrai sujet est ailleurs.

5. L’anxiété « Hollywood » : le film catastrophe dans ta tête 🎬

Le soir : les scénarios catastrophes avant de dormir 🌙

Je suis rentré chez moi, j’ai fait ma routine du soir, je me suis reposé, j’ai mangé. Je suis prêt à aller au lit. Je m’allonge … et je me mets à repenser à plusieurs événements de la journée.

Et si cette petite douleur était le signe d’une maladie grave qui allait bouleverser ma vie ? Je déroule toute la cascade des drames de santé à venir. Et si ce message un peu court de mon ami voulait dire qu’il allait me rejeter, ou me quitter dans les prochains jours ? J’anticipe la rupture du lien. Et si un imprévu financier survenait le mois prochain et que je me retrouvais à la rue ? Mon moteur tourne en boucle sur cette peur.

Pourquoi « Hollywood » ? 🤔

Si tu as ce visage de l’anxiété, tu as un super-pouvoir : celui d’imaginer une multitude de scénarios possibles. Le hic, c’est que tu l’utilises (involontairement, bien sûr) pour te torturer et imaginer le pire.

Les conséquences de l’anxiété Hollywood ⚠️

  • Des insomnies : ce visage a toutes les chances de se manifester au moment du coucher.
  • Une paralysie face aux projets : tu es tellement concentré·e sur les risques que tu restes figé·e, sans oser te lancer ni suivre tes élans.
  • Une perte de confiance en toi.
  • Le sentiment de passer à côté de ta vie : en voulant éviter toute prise de risque, tu t’empêches de faire ce qui te tient à cœur.

Anxiété, TDAH et autisme : quels visages reconnais-tu ? 🪩

L’indécision chronique, le perfectionnisme, l’anxiété sociale, la fausse anxiété, Hollywood … Il est probable que tu te sois reconnu·e dans plusieurs d’entre eux. Et c’est tout à fait normal.

J’ai séparé ces 5 visages pour que ce soit plus clair, mais dans la réalité, tu peux tous les vivre en même temps, ou en alternance au cours d’une même journée.

Les identifier, c’est déjà un premier pas pour mieux comprendre ton anxiété et trouver les stratégies qui te correspondent vraiment.

Pour approfondir le sujet de l’anxiété chez les personnes neuroatypiques, reste connecté·e : on en reparle dans les prochaines semaines sur Instagram, sur le podcast et sur ce blog !

Avec Amour ❤️

Sam

Questions fréquentes sur l’anxiété dans le TDAH et l’autisme ❓

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