Parfois, cette simple autorisation extérieure suffit à débloquer quelque chose en toi : « tu as le droit« . Ce petit encouragement peut sembler anodin, et pourtant il agit comme une clé pour accéder à des choix personnels que tu n’osais pas faire. Comprendre pourquoi cette autorisation extérieure t’est si précieuse te permettra de mieux te donner ensuite ces permissions à toi‑même, en toute autonomie.
Pourquoi on cherche des autorisations extérieures
Demander ou attendre un feu vert venant de l’extérieur n’est pas une faiblesse. C’est souvent un mécanisme de protection acquis au fil du temps. Plusieurs raisons expliquent ce besoin :
- Neuroatypie : décrypter les règles sociales implicites peut être difficile. Une validation claire et explicite aide à savoir ce qui est socialement acceptable et ce qui risque d’être mal perçu.
- Peur d’être une « mauvaise » personne : parfois on cherche moins une permission qu’une confirmation morale — est‑ce que je suis quelqu’un de bien si je fais ça ?
- Anxiété sociale : la crainte du jugement ou du rejet pousse à vérifier auprès des autres avant d’agir.
- Éducation contrôlante : avoir grandi dans un environnement où l’on devait toujours demander la permission peut empêcher d’apprendre à décider par soi‑même.
- Diagnostic tardif & légitimité : pour les personnes diagnostiquées tardivement comme neurodivergentes, s’être suradapté·e toute sa vie peut créer un manque de légitimité interne. Une autorisation extérieure aide à reconstruire cette légitimité.
Ce que fait réellement une autorisation extérieure
Recevoir un « tu as le droit » n’efface pas ta responsabilité ni ne te dépossède de ton pouvoir intérieur. Au contraire, c’est souvent un catalyseur :
- Elle débloque une décision en fournissant une information explicite sur ce qui est socialement acceptable. Libre à toi ensuite de choisir de transgresser les règles sociales ou de les suivre !
- Elle réactive la possibilité de choisir consciemment, en te donnant la permission de tester quelque chose.
- Elle peut reconstruire peu à peu un sentiment de légitimité quand celui‑ci a été affaibli par ton histoire personnelle.
Autrement dit, l’autorisation extérieure est un outil d’évolution et non une solution définitive. C’est un moyen d’apprendre à te donner toi‑même ces permissions, étape par étape.
Devenir la personne qui donne des permissions
Il arrive un moment où l’on ne se contente plus de recevoir des permissions : on les offre aux autres. Dire à quelqu’un tu as le droit de prendre ton temps ou tu as le droit de changer de voie peut être un cadeau immense. Ces petites permissions sont des actes de bienveillance qui aident l’autre à gagner en liberté.
Donner une permission efficace
- Être explicite et direct·e.
- Utiliser un ton bienveillant, non jugeant.
- Accepter la réponse de l’autre : la permission n’oblige pas à agir.
Exercice simple à faire maintenant
Prends un instant pour penser à quelque chose que tu ne t’autorises pas, alors que d’autres autour de toi le font. Cela peut être un comportement, une parole, un projet professionnel, un changement de vie.
Maintenant, dis-toi intérieurement, ou à voix basse : Tu as le droit de faire/dire ça.
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Observe ce que cela provoque chez toi. Peut‑être rien, peut‑être un petit soulagement, un sourire, un poids qui s’allège. Il n’y a rien à forcer. Ce simple acte est un petit cadeau que tu te fais !
Comment progresser vers l’autonomie
Recevoir des permissions aide au début. Voici quelques étapes pour progresser vers plus d’autonomie :
- Accepter les petites permissions extérieures quand elles arrivent.
- Tester l’action en petit comité, sans pression.
- Noter ce qui s’est passé : est‑ce que cela a été bien reçu ? Est‑ce que tu t’es senti·e mieux ?
- Augmenter progressivement l’échelle des permissions que tu t’accordes.
- S’entraîner à donner des permissions aux autres pour renforcer ce cercle vertueux.
Pour conclure
Beaucoup d’entre nous sommes limité·e·s par des autorisations que nous ne nous donnons pas. Recevoir une permission de l’extérieur n’est pas une perte de ton pouvoir. Au contraire, c’est un moyen pragmatique et respectueux de ton rythme de reprendre contact avec ses choix. Autorise-toi à demander, à recevoir, puis à te donner toi‑même ces permissions. Petit à petit, ces pratiques vont ouvrir ton champ des possibles et augmenter ta confiance en toi.
Tu as le droit.
Avec Amour,
Sam



