Autiste, TDAH : pourquoi tu n’arrives pas à te détendre physiquement ? 😌

personne qui se détend dans une chaise longue

Est-il réellement possible de se détendre physiquement quand on est neuroatypique ?

Dans cet article, je décrypte 5 fausses croyances sur la détente et je te propose des pratiques à expérimenter.

[Note : cet article est inspiré de l’épisode de podcast suivant : https://www.youtube.com/watch?v=UD_yJZqyT2Y ]

Fausse croyance n°1 : « la détente physique est l’état naturel du corps humain »

Ou sa variante : « il n’est pas normal d’être tendu·e »

Lorque l’on pense que les tensions corporelles sont un problème à résoudre, on peut être entraîné·e dans une quête éperdue de relaxation physique. Si c’est ton cas, je te comprends à 100% ! Je suis moi-même tombé dans ce piège pendant de longues années.

En réalité, détente et tension sont les deux faces d’une même médaille. Notre système nerveux est conçu pour nous faire vivre les deux états :

  • Le système nerveux sympathique est comme la pédale de l’accélérateur. Lorsque le système nerveux sympathique est activié, notre coeur bat plus vite, notre respiration s’accélère et nos muscles se tendent. Cette activation nous prépare à l’action.
  • Le système nerveux parasympathique est comme la pédale de frein. Lorsqu’il est activé, notre rythme cardiaque ralentit, notre respiration se calme et nos muscles se détendent. Cet état nous permet de nous reposer et de digérer les aliments.

Bien sûr, tout cela est simplifié à l’extrême ! Ce que je t’invite à retenir, c’est que le problème n’est jamais la tension, mais le déséquilibre entre tension et détente. D’ailleurs, cela va dans les deux sens : si ton corps était tout le temps détendu, tu serais incapable d’agir.

Quand ton corps est tendu, cela ne signifie pas que tu as un problème mais simplement qu’il est en mode « action », et pas en mode « relaxation », c’est tout !

Fausse croyance n°2 : « la présence s’accompagne systématiquement de détente corporelle »

Cette fausse croyance te concerne sûrement si tu te promènes dans le monde de la spiritualité et de l’éveil. Si ça n’est pas ton cas, ça ne va pas forcément te parler.

J’ai longtemps cru que j’avais un problème avec la présence, que je n’étais « pas assez présent« , tout simplement parce que certains enseignants spirituels m’avaient dit : « si tu veux savoir si tu es présent, regarde si ton corps est détendu ».

J’ai découvert que cette croyance était fausse dans certains cas, notamment chez les neuroatypiques, grâce à un échange édifiant avec une enseignante spirituelle (à l’heure où j’écris cet article, j’ai oublié son prénom – oups – mais je ne manquerai pas de le mentionner ici s’il me revient à l’esprit 🤭 ).

Voilà comment je comprends cette différence : chez les personnes neuroatypiques, le stress physique est souvent le fruit d’une activation d’origine neurobiologique et non psychologique, par exemple en raison de l’hyperstimulation sensorielle (mais pas que !). On a beau être super méga présent·e, si on est en plein milieu d’un chantier de BTP, il y a de fortes chances que notre corps présente une réaction de stress et que cela se manifeste par des tensions.

D’ailleurs, chez certaines personnes neuroatypiques, les tensions physiques sont LE signal corporel qui indique une surcharge cognitive et/ou sensorielle. Et bien sûr, de même que « casser le thermomètre ne fait pas baisser la température », réduire ces tensions -pour peu qu’on y parviennne – ne réduit pas la surcharge !

Alors je suis vraiment désolé mais si tu as besoin d’un moyen de déterminer si tu es bien présent·e ou non, il va falloir trouver un autre moyen de le faire ! 😉

Fausse croyance n°3 : « si mon corps est tendu, c’est que mon mental doit l’être également »

Quand tu cherches la détente et que tu remarques des tensions dans ton corps, tu peux être tenté·e de juger ces tensions, de pester intérieurement, de te faire des reproches, de te dire que tu n’y arrives pas, que ton corps est nul, et autres joyeusetés.

Ce faisant, tu ajoutes de la tension mentale à la tension physique. Alors qu’en réalité, tu n’es pas obligé·e de faire ça.

Ce que je te suggère, c’est d’apprendre à te détendre mentalement en présence de tensions physiques.

Concrètement, on fait comment ?

Pratique 🧘‍♂️ « Ressentir »

Prends simplement conscience de tes tensions, sans les juger. De tout ce qui se crispe à l’intérieur de toi, des douleurs, des sensations désagréables et même des sensations agréables. Ressens simplement ce qui est là pour toi en cet instant.

C’est tout ! 🥳

Fausse croyance n°4 : « avec toutes ces tensions physiques, je suis bien loin de la paix intérieure »

Viens, je te montre à quel point c’est faux !

Pratique 🧘‍♂️ « L’espace autour »

Reprends l’exercice précédent (« Ressentir »), celui où tu t’autorises à ressentir tes tensions sans les juger.

Une fois que c’est fait, je t’invite à prendre conscience de l’espace qui englobe toutes ces sensations.

Prends le temps d’observer … 🔍

Est-ce que cet espace est tendu ou paisible ?

Cet espace cherche-t-il quelque chose ?

Est-ce qu’il est dans un état de lutte ?

Je te laisse expérimenter ! ❤️

Avec un peu de pratique, tu pourras même t’amuser avec ça dans ta vie quotidienne : dans les moments où tu es très tendu·e comment dans les moments où tu es plus relaxé·e, tu pourras revenir dans cette consicence de ce qui est toujours présent et paisible, peu importe ce qui se passe dans ton corps. Et savourer ! 😋

Fausse croyance n°5 : « je dois lâcher prise pour me détendre »

A ce stade, tu l’as probablement déjà compris, mais j’en rajoute une louche au cas où. Tant que tu es dans une recherche de détente, tu crée de la tension. Tant que tu résistes à ce que tu es en train de vivre, que tu luttes contre quelque chose que tu refuses et que tu voudrais changer, tu engendres du stress et donc des tensions physiques. C’est l’opposé de la détente. En bref, la détente est quelque chose qui peut se manifester (ou pas) quand on cesse tout effort dans ce sens.

Si tu souhaites expérimenter davantage de détente dans ta vie et dans ton corps, la première chose à faire est peut-être de lâcher cette volonté de te détendre.

A la place, tu peux te concentrer sur l’acceptation de ce que tu vis, de ce que tu ressens dans ton corps, de ce qui est là pour toi, ici et maintenant.

Je te laisse méditer là-dessus !😉

Avec Amour ❤️

Sam

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